Des plantes contre le mal de gorge

Il n’est pas rare au cour de l’hiver, d’avoir en même temps à l’officine plusieurs patients qui se plaignent de la gorge. Il faut alors être capable de proposer pour chaque patient un conseil complet et différent. Varier les associations de produits en incluant des références en phytothérapie ou en aromathérapie permet un conseil qui se construit en plusieurs étapes.

Qu’il s’agisse d’une demande spontanée (« Donnez-moi une boîte de… ») ou une demande de conseils, il faut faire décrire tous les symptômes aussi bien prépondérants qu’associés. Posez les questions suivantes : «Depuis quand ? », « Que ressentez-vous exactement ? », « Avez-vous d’autres signes tel que fièvre, toux, fatigue ? », « Qu’avez-vous déjà utilisé ? » Cette démarche permettra de passer le relais au médecin lorsque des signes d’aggravation seront détectés.plantes-mal-de-gorge

Les plantes anti-inflammatoires qui soulagent rapidement :

L’Erysimum (herbe aux chantres) est la plante majeure des atteintes pharyngées avec comme symptôme un enrouement ou une extinction de la voix. En usage externe (pastilles à sucer, sirop), elle a une action cicatrisante et protectrice des cordes vocales.

Le souci (capitule) est à la fois anti- inflammatoire, cicatrisant, immunostimulant et antibactérien. La teinture-mère est la forme la plus active : 50 gouttes dans un ½ verre d’eau en gargarisme.

La matricaire (sommités fleuries) possède les mêmes propriétés et peut-être utilisée en gargarisme plusieurs fois par jour : Faire une infusion avec 20 g/ litre d’eau.

Elles ont pour principes actifs des mucilages. Ces polysaccharides se solubilisent dans l’eau et forment une solution visqueuse. Absorbées lentement ou en gargarisme, elles recouvrent les muqueuses d’un film protecteur et calment les irritations.

Le plantain (feuille) aux propriétés émollientes est également antibactérien : sa préparation en gargarisme se fait par macération de quelques feuilles dans une tasse d’eau.

La guimauve (racine), le bouillon-blanc (fleurs mondées), la mauve (feuille ou fleur) viennent protéger les muqueuses irritées. Le gargarisme plusieurs fois par jour est la forme la plus utilisée. Il se prépare par infusion (bouillon-blanc) avec 5 g pour une tasse d’eau chaude ou par macération pour la mauve et la guimauve (3 g dans une eau tiède pendant 30 minutes).

A visée antivirale, antibactérienne et antalgique, les plantes antiseptiques s’emploient dès les premiers signes douloureux en traitement local : en gargarisme ou en spray buccal. Les huiles essentielles pures sont dispersées dans une base huileuse et sont appliquées sur le cou ou les amygdales. Lorsque le mal de gorge est d’origine bactérienne, le traitement local est complété par un traitement oral en tenant compte des précautions d’emploi propres aux HE (réservées à l’adulte) Les gouttes sont déposées sur un ¼ de morceau de sucre ou mélangées dans une cuillère de miel, elles sont sucées 2 à 3 fois sur 24 h.

En usage local : le pin sylvestre et le sapin argenté (bourgeons) s’utilisent en pastilles à sucer ou en gargarismes plusieurs fois par jour : infusion de 20 g/ litre.

Par voie orale : l’ origan (sommité fleurie) possède d’importantes propriétés antimicrobiennes et un effet antalgique local. En infusion à boire la journée : 20 g/litre. Le thym (feuille et sommité fleurie) en infusion (50 g/ litre) est à boire ou à gargariser. L’huile essentielle de thym est indiquée dans les infections ORL, buccales : dès le début du mal de gorge, 2 gouttes sur ¼ de morceau de sucre à sucer 3 fois par jour. Il existe différents chénotypes de thym : il est donc préférable de vérifier la souche avec le patient. L’huile essentielle d’arbre à thé  est indiquée dans toutes les infections bactériennes virales. Son mauvais goût peut-être masqué en l’utilisant dans une synergie d’huiles essentielles plus facile à avaler.

L’objectif est de réduire la durée de l’épisode infectieux. Le traitement doit être mis en oeuvre dès les premiers signes. L’Echinacée purpurea (partie aérienne) est un stimulant non spécifique, douée de propriétés antibactériennes et antivirales. Elle active les leucocytes et participe à la sécrétion d’interleukines. Elle ne présente ni toxicité ni effets mutagènes mais faute d’études, elle est déconseillée chez la femme enceinte et allaitante. La suspension intégrale de plantes fraîchesest la forme la plus active : 5 ml par jour pour l’adulte. La dose pour un enfant est de 1ml/ 10kg de poids (enfant de plus de 2 ans), 12 jours par mois. En préventif, son administration doit être discontinue (10 à 15 jours par mois). Une prise prolongée sans interruption risquerait, au contraire, d’amoindrir les défenses immunitaires.

Acérola et cynorrhodon sont des plantes riches en vitamine C. Les lymphocytes ont des besoins importants en Vitamine C pour lutter contre l’infection.

La propolis est élaborée à partir de la cire d’abeilles, de leur salive et de résine récoltée sur les bourgeons et les écorces d’arbres comme le pin, le sapin, l’épicéa, l’aulne, le peuplier… Sa composition lui donne des propriétés anti-inflammatoires immunostimulantes, antivirales, antibactériennes par la présence de flavonoïdes. Elle est riche en vitamines A et B, acides aminés, oligo-éléments. Elle peut être utilisée dès le plus jeune âge, mais est déconseillée en cas d’allergies aux pollens de fleurs et d’arbres. Disponible en pastilles, spray buccal, gélules, elle soulage par son action anesthésiante et cicatrise les muqueuses. Elle est indiquée dans les trachéites, laryngites, rhinopharyngites et les inflammations ORL.

La gelée royale possède des propriétés antibactériennes. Elle est aussi une source de protéines, glucides, lipides, vitamines, sels minéraux et oligo-éléments. Très fragile, la gelée royale fraîche est conditionnée en seringue doseuse. La forme lyophilisée est plus facile d’accès. En prévention, on préconise une cure à l’automne et une cure au printemps de 20 jours. La dose usuelle est de 0,5 g/jour en sublingual. En curatif, elle peut être prescrite à 1g/ jour pour éradiquer une infection chez les patients affaiblis. Elle est déconseillée aux personnes allergiques aux produits de la ruche.