Les bienfaits d’une cure thermale

cure thermaleSi le secteur de la thalassothérapie au sens large remporte un tel succès en France, c’est que les Français sont convaincus des bienfaits des cures. Les témoignages ne manquent d’ailleurs pas sur les résultats d’un séjour où l’on alterne soins, repos et à présent souvent de l’activité physique. Un bon moyen de se remettre en forme et de prendre du temps pour soi.

Les qualités thérapeutiques de l’eau sont très anciennes et font partie intégrante de notre histoire. Les plus connus de ses adeptes sont les Egyptiens, Grecs et Romains qui avaient déjà leurs bains. Il y eut ensuite des villes qui connurent des moments de gloire avec des célébrités qui venaient prendre les eaux comme l’impératrice Eugénie, ou les premières stars du cinéma muet.

Un peu d’histoire…

Si le thermalisme et ses cures bienfaisantes ont continué à attirer les foules pendant le XIX et le XXème siècle, il a quand même fallu attendre la seconde moitié du XXème siècle pour voir naître des centres de thalassothérapie et de balnéothérapie utilisant de nouvelles techniques. Ce regain d’innovation a permis de redécouvrir des régions riches d’eau de mer et d’algues, de boues aux vertus inexplorées ou oubliées. En fonction de l’endroit où l’on se rend, la salinité et la minéralisation varient de façon importante et influencent les traitements.

Créée en 1869 par le Docteur de la Bonnardière, le mot thalassothérapie définit l’exploitation à des fins thérapeutiques des vertus de l’eau de mer et du climat marin. On retrouve donc ces instituts sur les façades Atlantique et Méditerranée. Mais la discipline existait avant le mot. En France, certaines villes ont été pionnières : Dieppe, La Rochelle, Cherbourg, Trouville, Biarritz, la seule ville du sud étant Sète à l’époque. La première association internationale a vu le jour en 1913, la société française de Thalassothérapie quant à elle a été créée en 1959, et la Fédération internationale en 1986.

Au niveau technique, l’eau de mer est captée au minimum à 400 mètres (et jusqu’à 1 200 m) des côtes entre 4 et 6 mètres de profondeur. Elle est chauffée à peu près à la température du corps afin d’activer la circulation sanguine et être utilisée pour les différents soins.

Les ingrédients de la forme

L’eau de mer : Elle contient une soixantaine d’oligoéléments dont l’iode et le sélénium qui permettent de recharger l’organisme en ions négatifs après 12 minutes d’immersion seulement. L’eau de mer contient en particulier du chlore et du sodium bien évidemment, mais aussi du magnésium (un bon anti allergique), du soufre, du calcium (renforce la membrane cellulaire et soulage la douleur), du potassium (bon régulateur en eau), du brome, carbone, strontium, bore, silicium et fluor. Cette liste est loin d’être exhaustive. L’eau utilisée en centre est « vivante », elle contient du plancton : une présence contrôlée.

Les algues et boues marines

Plus récemment, la thalassothérapie a commencé à exploiter également les algues et boues marines qui captent les éléments minéraux de l’eau de mer indispensables à leur survie ; des éléments qui sont concentrés avant d’être utilisés sur le corps. Il existe des milliers de variétés qui sont classifiées par couleur : brunes (les laminaires en particulier, très présentes au nord du Finistère), rouges (souvent utilisées en cosmétiques et soins d’hydratation), bleues (les micro-algues, dont la spiruline qui agit sur la fermeté cutanée), et vertes (plus proches de nos légumes). Certaines sont également utilisées par l’industrie agro-alimentaire en tant que gélifiants et épaississants. En cuisine, les grands chefs se sont emparés de ce nouvel ingrédient bienfaisant et ont trouvé des recettes qui ont un goût exotique.

L’air iodé et le soleil

Un séjour sur le littoral est naturellement bon pour l’organisme : l’air y est plus riche en iode, et même en hiver, le soleil est aussi souvent présent. Il est dit traditionnellement que l’air de la Mer du Nord est vivifiant, celui de l’Atlantique tonifiant, le méditerranéen serait apaisant. Nul doute que cela est également lié aux températures de ces différentes régions. Il est vrai qu’un séjour en bord de mer permet effectivement « de changer d’air » au propre comme au figuré. Un bienfait physique, mais aussi moral. En effet, sur le littoral, la lumière et l’ensoleillement sont meilleurs qu’à l’intérieur des terres, ce qui a un effet anti-déprime, surtout à la sortie de l’hiver.

Incroyable mais vrai !

Il y a autant d’iode dans un kilo d’algues fraîches que dans 10 000 litres d’eau de mer. Comme l’eau de mer, elles possèdent un pouvoir antalgique.

Un séjour « pour se faire du bien »

Le simple fait de s’occuper de soi pendant quelques jours constitue déjà un bienfait en soi. Cela permet de prendre du temps, un temps qui manque cruellement dans la vie contemporaine. Lorsqu’une maman fait une cure mère/enfant avec son bébé, c’est non seulement pour perdre quelques kilos consécutifs à la grossesse, mais aussi pour se retrouver au calme avec lui sans avoir à gérer les autres aspects.

Idem pour un couple qui fait une cure ensemble. Au-delà des soins et de la reprise en main de son corps, cela permet de se retrouver à deux, d’échanger, de reprendre le fil d’une vie à deux qui a tendance à s’éparpiller dans la routine et les différentes contraintes de la vie au quotidien. Si l’on part en groupe avec des amies, c’est aussi l’occasion de s’amuser en toute simplicité, sans les hommes, même s’ils font évidemment partie des sujets de conversation. Enfin, en partant seule, c’est un moment de recentrage sur soi, de mise au point, souvent de bonnes résolutions pour le futur. Des moments rares. Et les soins à base d’eau sont propices à la réflexion. Même si la sensation de fatigue se fait aussi sentir pendant la cure.

Les bienfaits de l’eau ne sont plus à prouver. Notre corps est constitué de cet élément primordial à notre survie, nous pourrions mourir de soif beaucoup plus vite que de faim. Associée à des rituels religieux, souvent d’initiation, de purification, l’eau a rapidement été utilisée à des fins curatives. Ce sont les Romains qui ont le plus fortement contribué à nous léguer cet héritage des thermes et des bains. Pourtant en Inde, l’eau avec le symbole du Gange a une symbolique très forte, tout comme au Japon où le principe du jacuzzi est très ancien, sans oublier les hammams du sud et les saunas du Nord où la vapeur d’eau est essentielle.

Finalement, les Européens ont mis bien du temps à se souvenir des bienfaits de l’eau et rendons à César, ce qui lui appartient, Messieurs les Anglais furent les premiers à revenir aux bains de mer et à remettre cet exercice oublié à la mode, et ce, dès le début du XIXème siècle.